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Message de Monsieur Hubert FALCO,
Secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants :
Le 11 novembre 1918 à 11 heures, au son des clairons sur la ligne de front
et des cloches des églises dans toutes les villes et les villages de France,
prenait fin le plus terrible conflit que l'humanité ait connu jusqu'alors
et dont personne n'imaginait alors qu'il ouvrirait un siècle marqué par
le retour de la barbarie et de l'inhumanité au coeur même de la civilisation
européenne et dans le monde.
L'armistice signé dans la clairière de
Rethondes, en forêt de Compiègne, quelques heures auparavant, scellait
la victoire si chèrement acquise de la France et de ses alliés sur l'Empire
allemand, tombé deux jours plus tôt. Cette première guerre mondiale qui
devait être '' la der des ders '', la mémoire collective l'a retenue sous
le nom de Grande Guerre, non pour en magnifier le souvenir mais parce
que son ampleur inédite, la violence extrême de ses combats, la puissance
destructrice employée et le nombre de morts, de blessés, d'invalides et
de ''gueules cassées'' qu'elle provoqua ont marqué à jamais notre conscience
nationale.
Aucune famille, aucun village, aucune ville
ne furent épargnés par la douleur et le deuil. Deux ans après la fin de
cette tragédie, la Nation a souhaité rendre hommage à tous ceux qui souffrirent,
parfois au-delà de toute mesure durant cette terrible épreuve.
Pour que le pays tout entier n'oublie jamais
le sacrifice de ses enfants, le corps d'un soldat français non identifié,
''petit soldat glorieux et anonyme'', choisi au hasard parmi les Poilus
morts pour la France et le symbolisant tous, fut placé dans une chapelle
ardente dressés sous l'Arc de Triomphe.
C'était il y a quatre-vingt-dix ans, le 11 Novembre
1920. Selon la formule d'Henri de Jouvenel : ''C'est lui, l'inconnu, l'anonyme,
le simple soldat, qui donne tout son sens à l'Arc de Triomphe''. Ce corps
fut inhumé sous la Dalle Sacrée, le 28 Janvier 1921. Et depuis le 11 Novembre
1923, sans interruption, la Flamme du souvenir brille à ses côtés, ravivée
chaque soir, sur la Dalle Sacrée.
Célébrée tous les ans dans l'ensemble des
communes de France, la journée nationale du 11 novembre, dénommée ''fête
de la Victoire et de la Paix'' par la loi du 24 Octobre 1922, reste la
plus emblématique des commémorations car elle symbolise par excellence
le sacrifice pour la France de ses enfants.
En 1940, alors que la France était en souffrance,
abasourdie par sa défaite, coupée en deux, en partie occupée, alors que
l'engagement de la France Libre ou dans les prémisses de la résistance
intérieure étaient encore affaire d'individualités aussi remarquables
que peu nombreuses, c'est le 11 Novembre que se leva, sur le territoire
métropolitain, le premier écho populaire à l'appel historique du Général
de Gaulle lancé le 18 Juin depuis la radio de Londres. Ce 11 Novembre
1940, des milliers de Français décidèrent de témoigner leur opposition
à l'occupant et à la politique de collaboration que voulait mener le gouvernement
du Maréchal Pétain. Ils le firent en rendant hommage à leurs ainés de
1914-1818.
A Paris, tout au long de la journée, quatre
à cinq mille lycéens et étudiants bravèrent l'occupant pour aller déposer
des centaines de bouquets et plusieurs gerbes sur la tombe du Soldat inconnu.
En province, bien d'autres Français célébrèrent individuellement ou collectivement,
la signature de l'Armistice de 1918. Ils le firent chacun à leur manière,
en hissant un drapeau tricolore sur la cathédrale de Nantes ou en arborant
modestement à la boutonnière une croix de Lorraine, signe de ralliement
des Français libres ...
Dans les années trente, la commémoration
du 11 Novembre était l'occasion de se recueillir et de rendre un vibrant
hommage aux morts de 1914-1918. Pendant l'Occupation, elle devint un symbole
porteur des valeurs de le Résistance. Aujourd'hui, elle incarne l'espérance
européenne et la réconciliation franco-allemande, vecteurs d'une Europe
en paix, unie, solidaire et forte. Elle est aussi l'occasion de rendre
hommage, sous l'Arc de Triomphe comme devant chaque monument aux morts,
à nos soldats qui font aujourd'hui encore le sacrifice de leur vie pour
la paix et la liberté dans le monde. ''Tu iras honorer le soldat inconnu''.
Le mot d'ordre des étudiants et lycéens
du 11 Novembre 1940 demeure, par delà les générations, l'un des plus beaux
commandements de notre République.
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